
Dexter – saison 4
29/12/2009
Les deux premières saisons de Dexter en ont scotchés plus d’un à leur canapé, l’attente entre deux épisodes étant parfois à la limite de l’humainement supportable. La saison 3 frisait la médiocrité et enclenchait un certain déclin que confirme, hélas, cette saison 4…
Cet article ne contient que peu de spoilers, et dans tous les cas il n’y avait pas grand-chose de passionnant à révéler.
Pour vous remettre dans le bain vous pouvez lire la critique de Dexter saison 3. Si vous n’avez jamais regardé la série, foncez sans hésiter sur les deux premières saisons…
Dexter saison 4 – le scénario :
Dexter est désormais marié, père de famille et habite une grande maison avec jardin dans une banlieue aisée tout ce qu’il y a de plus tranquille. Mais avec ses nouvelles responsabilités notre serial killer préféré n’a plus de temps à consacrer à son sport favori : la chasse et le découpage de criminels impunis.
Pendant ce temps une nouvelle série de meurtres forcément un peu glauques et apparemment sans rapports sont commis, la police de Miami n’a aucune piste et tout le monde est sur les dents.
Ce vieux loup de Lundy en profite pour faire son retour et révéler, ô surprise, que ces meurtres sont l’œuvre de Trinity, un serial killer qu’il traque depuis plusieurs décennies.
Ce dernier tue par cycle de 3, toujours dans le même ordre et sur le même modèle : une jeune femme égorgée dans une baignoire, une mère de famille balancée dans le vide et un homme battu à mort… Toute la fine équipe se lance donc à sa recherche.
Comme d’habitude ce bon vieux Dexter est le plus malin et découvre avant tout le monde l’identité de Trinity, un homme cumulant meurtres et vie de famille, un peu comme lui finalement. Il dissimule donc son nom et sa vraie nature pour approcher le tueur et apprendre quelques leçons à ses côtés…
Dexter saison 4, qu’est-ce qu’on se fait chier
Sous ce titre d’un très bon album des Têtes Raides se cache également une des réalités de cette quatrième saison : on s’emmerde sévèrement. En effet les deux premiers tiers de la saison sont incroyables, il ne s’y passe absolument rien.
Ainsi le cauchemar de Dexter s’est réalisé : le voilà enfermé dans une jolie banlieue avec son insupportable desperate housewife, une floppée de chiards dans les basques et le supermarché comme seul horizon.
La routine s’installe très vite et notre pauvre héros rêve de sa liberté perdue, de la belle époque où il n’avait aucun compte à rendre sur son emploi du temps, son mode de vie et ses virées nocturnes… En effet, difficile de conserver son jardin secret et trucider son quota de bad guys quand bobonne veille et qu’il faut rentrer changer les couches du bébé en plein milieu de la nuit.
Cette nouvelle situation amène bien sûr son lot de questions dans la tête un brin torturée de notre ami serial killer : est-ce la vie dont il a envie et besoin ? Comment faire cohabiter ses différents rôles (mari, père, tueur, flic) ? Doit-il arrêter de tuer pour préserver sa famille de la souffrance lorsqu’ils découvriront son dark passenger et ses crimes ?
Comme d’habitude, ça fait maintenant quatre fois qu’on nous fait le coup on commence à connaître l’histoire, les réponses à ces questions s’imposeront au fil des aventures qu’il vivra lors des prochains épisodes, notamment en côtoyant le fameux Trinity Killer.
Mais que fait la police ?
Toujours comme d’habitude le serial killer qui retourne la ville fait l’objet de toutes les attentions du côté du Miami Police Department. Alors que les meurtres apparaissent au départ sans liens, l’agent Lundy fait son retour en annonçant rapidement qu’ils sont l’œuvre d’un tueur qu’il traque depuis plus de 20 ans. L’enquête suit donc son cours, mais comme Dexter fait ami ami avec le fameux Trinity Killer, vous comprendrez qu’il faut maintenir un minimum de tension et que cette fameuse enquête est condamnée à ne pas avancer bien vite. De ce côté le scénario nous réserve quelques maigres surprises et retournements de situation, mais pas franchement de quoi rester éveillé…
Du coup les personnages errent sans savoir trop quoi foutre, et à la fois pour occuper le terrain et donner de la soupe pour nourrir les téléspectateurs, les scénaristes nous gratifient d’histoires d’amours complètement dispensables.
Ainsi Deb hésite entre sa relation avec Anton (son mec de la saison 3) et l’agent Lundy. Batista et Laguerta ne servent à rien pendant les 12 longs épisodes de la saison, toutes leurs apparitions sont centrées autour de leur inintéressante et bien mièvre romance. Même le fadasse – mais sous exploité – Quinn s’y met en se tapant une journaliste sexy forcément liée d’une manière ou d’une autre aux meurtres… Passionnant donc.
Dexter is dead ?
Dans la seconde partie de la saison 4, Dexter se rapproche du Trinity Killer, un bon moyen d’étudier un de ses semblables, et le constat n’est pas joli à voir.
Ainsi Trinity se fait passer pour un homme bon et jovial, vivant au sein d’une famille parfaitement normale et soudée. Bien sûr celui-ci se révèle être un tyran utilisant ses proches comme déguisement pour se fondre dans la masse et ne pas attirer l’attention sur ces crimes horribles… Un peu comme Dexter à ses débuts donc.
Mais voilà, cette confrontation sert bien sûr à montrer que notre héros en est tout l’inverse, que lui du bon côté de la barrière. Contrairement à Trinity il ne tue que des méchants l’ayant bien mérité, et il se révèle profondément attaché à sa famille, il désire plus que tout devenir un père et un mari modèle…
Voilà donc le fond de cette saison 4 : une ode au quotidien rassurant du banlieusard, à l’amour et à la famille, où tout n’est pas si parfait mais qui nous procure tant de joie… Beurk.
On s’en doutait avec la saison 3, mais ça y est ils l’ont fait : en ratissant large pour séduire le plus grande nombre, les scénaristes ont fini par vider Dexter de toute sa substance subversive au profit d’un discours conservateur forcément plus fédérateur.
Ce choix se ressent à tous les niveaux : écriture mollassonne et sans grande finesse, rythme plus lent, nombreuses intrigues secondaires reposant sur des histoires d’amours bidons, bon sentiments à tous les étages… Tout en enrobant le paquet de quelques rebondissements guères passionnants et de scènes chocs à donner en pâture au bo-beauf pour justifier le côté noir de la série.
Mais bon, ne crachons pas non plus dans cette soupe pas si dégeu dans son dernier tiers. L’intrigue décolle (enfin) au 8-9ème épisode et on retrouve avec plaisir de bon vieux Dex pour une fin de saison un peu plus tendue. Et si on plonge la tête la première, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est trop tard, que le mal est fait. Tout semble un peu trop sans surprise car déjà vu, un peu trop lisse et dénué de la douce folie qui animait les deux premières saisons…
Cette saison 4 est donc bien décevante, et on à la désagréable impression qu’en plus de se répéter la série cherche à mélanger des trucs aussi lourds que Les Exerts, Desperate Housewives et Grey’s Anatomy, en y ajoutant une légère touche de Sev7n… Et si les pistes lancées pour la cinquième saison sentent le réchauffé, comme d’habitude on sera fidèle au poste pour la prochaine fournée d’épisodes. Surtout que si le coup du cliffhanger final est un peu gros, on se demande bien comment notre ami va gérer l’affaire. Allez, une dernière pour la route, mais par pitié, pas de happy end.
Articles sur Dexter :
- Dexter saison 3
- Présentation de Julie Benz, qui joue la femme de Dexter
Liens :
- Site officiel
- Dexter sur IMDB
Teaser Dexter saison 4 :
Toutes les critiques de séries
Je ne suis pas d’accord avec toi. Par exemple, le rythme plus lent ne m’a pas gêné puisque j’ai eu l’impression d’être encore plus proche de Dexter, dans sa tête, de ce qu’il pense du monde extérieur.
En tout cas, je ne me suis pas fait chier durant cette saison, pas du tout. J’attendais chaque lundi soir, avec impatience, les épisodes.
Cependant, elle ne fait pas partie de mes séries préférées, je lui accorde peut-être des faux-pas comme l’histoire entre Laguerta & Batista ou la niaiserie de certaines scènes (l’adolescente rebelle, Rita qui était bien énervante quelques fois, l’acte de tromperie de cette dernière et sans doute d’autres).
Par contre, pour Quinn, c’était justifié vu ce qu’il se passe vers la fin de la saison (je me demande si Elle n’avait pas tout planifié…).
Plus de dialogues que d’action dans cette saison mais ça ne m’a pas gêné du tout. Ils (les dialogues) n’ont pas la même saveur que ceux de Mad Men si je ne devais prendre qu’un exemple mais ceux de Dexter/Harry sont, pour moi, assez bien et les monologues de notre Serial Killer, je les ai adoré (dans l’ensemble).
Voilà pour mon avis ^^
je suis completement d’accord avec toi, j’en peux plus du cast foireux de cette serie et des peripeties mollassonnes, au final le moins pourri de tous c’est Masuka
L’acteur qui jouait Trinity etait pas mal mais son developpement c’etait n’importe quoi…
houlalala faut se sortir les yeux du cul