
Surprise de la rentrée 2008, Sons Of Anarchy vient de se terminer. Si la première moitié de saison est du genre laborieuse et dégoulinante de clichés, la seconde partie est beaucoup plus noire, intense et carrément énorme. Présentation.
L’histoire :
Dans la petite ville de Charming en Californie règne un club de motards : les redoutables et redoutés Sons Of Anarchy. Officiellement, ils tiennent un garage et ont tous plus ou moins des jobs légaux, officieusement ils font importer des armes par l’IRA pour les revendre aux gangs de dealers locaux.
Bien sur tout ceci se fait sur fond de guerre des gangs, trafics divers et variés, grosses bastons, joutes verbales, manipulation, chantage, corruption, enquête policière, lunettes de soleil, grosses cylindrées et histoire d’amour forcément compliquée…
Kurt Sutter, créateur de Sons Of Anarchy :
Sons Of Anarchy peut parfois faire penser à The Shield, certainement parce que Kurt Sutter, le créateur de SOA, est un ancien de la bande de Shaw Ryan.
Entre 2002 et 2007, il a officié sur The Shield où il a fait un peu de tout, et est notamment crédité en tant que scénariste (18 épisodes), producteur (44 épisodes) et réalisateur (1 mini épisode de transition entre les saisons 5 et 6).
Les amateurs de la série se souviendront peut-être du psychopathe arménien Margos Dezerian (coupeur de pieds à ses heures perdues) ? Je vous laisse deviner qui l’a incarné.
Kurt Sutter est également impliqué dans l’écriture de divers films, sa première réalisation, SIS, devrait sortir en 2009.
SAMCRO VS La Strike Team
Dès le début, on sent que FX (la chaine qui diffuses les 2 séries) croit vraiment en la série et souhaite imposer Sons of Anarchy comme remplaçant de The Shield, les aventures de Vic McKey arrivant à terme au bout de 7 saisons.
On y retrouve en effet certains ingrédients : le côté bad guys, des machos virils prêts à tout pour protéger les leurs (leur gang, leur famille), des scènes flirtant avec la torture, de l’action, une armada de flingues, le soleil et la chaleur de la californie.
Mais ici on est loin des quartiers chauds, on est plutôt dans un petit bled paumé au milieu d’un paysage désertique, la ville de Charming, aussi fictive que le quartier de Farmington où opérait la Strike Team.
Et les membres du club SAMCRO (Sons of Anarchy Motorcycle Club, Redwood Original) sont eux clairement de l’autre côté de la barrière : ce sont des outlaws, des hors la loi vivant dans leur monde ultra codé, avec ses rites, ses règles et donc son propre sens de la justice…
Si ils se présentent comme une simple bande de joyeux motards se réunissant dans leur garage, ils vivent en fait du trafic d’armes et n’hésitent pas à faire sauter les entrepôts des concurrents, braquer des camions, torturer, tuer et intimider.
Ils sont dans un état de guerre permanent, les personnages et les méthodes utilisées feront bien sur penser à The Shield… Sauf qu’ici le problème est qu’il n’y a strictement aucune justification morale à tout ça, à part survivre dans leur milieu et activité criminelle : ce ne sont qu’une bande de dangereux psychopathes.
Un début de saison peu accrocheur
De plus tout parait trop facile, avec toutes les explosions, gunfights en pleine rue ou les cadavres qui disparaissent à la pelle, ils ne semblent jamais inquiétés par la justice (les flics sont très coopératifs…). On arrive presque à en souhaiter qu’ils terminent tous en taule le plus rapidement possible.
Heureusement tout ça évolue par la suite.
Les 4 – 5 premiers épisodes sont vraiment poussifs et j’ai bien failli m’arrêter là… Rien ne nous est épargné dans la facilité, les raccourcis scénaristiques et les clichés, la série en parait même un peu bidon…
Mais faute de mieux à mater, j’ai continué, de plus il y à quand même ce petit charme (ou du racolage ?) qui fait qu’on sent un certain potentiel et qu’on accroche.
Old School VS New School
Le potentiel vient du personnage de Jax, le fils de John Teller, décédé dans des circonstances mystérieuses et encore inconnues, et co-créateur du club avec Clay Morrow (énorme Ron Perlman) qui le préside. Celui-ci s’est remarié avec la femme de son pote John, qui est donc la mère de Jackson…
Si Jax et Clay sont très proches, ils ont tous les deux une vision différente de l’avenir du club et la manière dont celui-ci doit évoluer : Clay, très old school, se complait parfaitement dans le crime et le business douteux, et pour lui rien ne doit changer.
Le personnage de Jax est plus complexe. Si il n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis (se battre, voler, tuer) il a le sentiment d’aller vers une impasse, et cherche à calmer les dérives belliqueuses de la bande, conforté par un manuscrit laissé par son père qui souhaitait éloigner le club des activités criminelles. Jax se cherche donc, et bien sur les deux visions vont être amenées à se confronter.
Notons qu’il en va de même du côté de la police locale : le shérif en fin de carrière trempe pour des raisons diverses dans les magouilles des Sons depuis des années, tandis que la relève est assurée par son jeune adjoint du genre très baraqué et intègre.
Le Sherif est incarné par Dayton Callie, que vous avez peut-être déjà vu dans le Deadwood de David Milch.
Seconde partie de saison très tendue
Si le début semble trop facile pour les Sons, heureusement que ça se complique par la suite. Les personnages apparaissent plus complexes, l’étau se resserre sur la bande qui est traquée par une équipe de l’ATF, et les relations avec les gangs (alliés comme ennemis) se durcissent pour se diriger vers une guerre inévitable.
Sans vouloir en dire trop, cela donne lieu à des scènes assez mémorables (l’interrogatoire en prison, l’entrée des flics dans le club, l’intimidation de l’ATF sur les familles des Sons, la tension palpable dans le club…) qui amènent la série vers des sommets où on ne l’attendait pas forcément.
L’escalade de la violence et ses conséquences dramatiques, la hargne des flics et les risques encourus par le club vont finalement rendre inévitable l’opposition entre les deux visions (Jax vs Clay).
Passé le cap des premiers épisodes, le rythme s’accélère donc, tout devient plus nuancé, très noir, intense et vraiment scotchant.
L’action non stop, la tension, le suspens, la bande son et le cast de haute volé devraient vous achever…
La saison 2 de Sons of Anarchy est déjà annoncée, vivement la suite.
Quelques liens :
- Site officiel
- Sons Anarchy sur IMDB
Le teaser :
C’est quand même amusant : le début qui démarre "plein d’explosions et de gun fights" est mou et peu accrocheur, avant que "le rythme ne s’accélère".
Faudrait savoir…
Et puis, c’est dommage de passer à côté de toute la mise en place dramaturgique inspirée de Hamlet, quand même…
Alors qu’elle est sacrément flagrante.
Salut,
Et oui, c’est comme un tas de films d’actions remplis d’explosions mais devant lesquels on se faisait quand même un peu chier… Perso j’ai trouvé l’intrigue longue à démarrer et les premiers épisodes grossiers au niveau de l’écriture. La suite gagne heureusement qualité et en dramaturgie.
Pour la référence Shakespearienne, merci de le signaler. N’ayant, hélas, pas encore lu Hamelet je ne l’ai en effet pas remarqué.
Pour rester sur Sons of Anarchy, pas eu le temps de regarder la saison 2, mais apparemment c’est du lourd.
++
série nulle a chier avec de la violence, torture, armes,qui n’ont rien pour faire "rever", ils n’ont pas l’air crédibles,font des choses qui ne se passent pas en france,dieu merci, incite a tout ce qui est bad! c’est tout! a jeter!dommage, je suis biker…..
je suis biker aussi (depuis 20 ans). Surévaluée et assez caricaturale de ce qui se passe dans les clubs motos dits "hors la loi", elle reflete malgré tout une certaine idée de ce qui caractérise souvent cette frange de motards entre eux: respect, fraternité, loyauté.
Maintenant, si pour te faire "rever" il te faut des images d’Epinal de route 66, tu t’ai effectivement trompé de serie (je te conseille "Happy Days").
Et bien moi je suis grande FAN!!!!!!!!
je suis aux usa et je termine la saison 2 …..
J’adore, j’adore, les personnages, la performance des acteurs l’histoire le style…
il y a peut etre eu quelques épisodes un peu moyen mais c est pour mieux repartir…..
très bonne série!!! vivement la saison 3
Moi j’adooore !! mais je suis en France, et j’ai raté les 1ers épisodes de la saison 1 ! Grace aux sites, j’ai compris la suite, mais je voudrai savoir si il n’y aurai pas un site ou je pourrai voir les 1ers !! MERCI et vivement la saison 2 !!!
Camille..♥
Heu ça parle aussi d’anarchie, et ce dès les 5 premiers épisodes.
Si on regarde ce début de série d’un point de vue politique, le club est comme une sorte d’utopie politique libertaire ratée, mais qui en contient encore quelques traces laissées bien visibles par le scénaristes (à vous de découvrir…).
Or dès ces premiers épisodes, c’est ce dont ce rend compte progressivement Jax en découvrant les écrits posthumes de son père, dont Jax comprend que le projet initial ressemble peu à ce qui est progressivement devenu. Cela fait penser au roman Les déposédés de Le Guin qui traite aussi de l’ambivalence du projet anarchiste et des difficultés concrète dans sa mise en pratique.
[...] de flic intègre s’annonce bien bourrine, qu’elle est diffusée sur FX (The Shield, Sons of Anarchy, Nip / Tuck), mais surtout parce qu’on y retrouvera Timothy Olyphant dans le rôle titre. [...]