
Le pitch de Dead Set est énorme : Pendant l’émission Big Brother, l’Angleterre est envahie et dévastée par les zombies. Seuls survivants, les candidats qui ignorent tout de la situation… Vous prenez ? Moi aussi !
Voilà une mini série anglaise qui fait dans l’horreur et le bon gros gore ; en plus c’est drôle et rafraîchissant.
Dead Set : l’histoire

L’Angleterre est subitement envahie de zombie : en quelques heures le pays est ravagé et la populace transformée en rôdeurs plutôt nerveux en quête de viande fraîche. Les seuls survivants sont les participants de Big Brother, l’équivalent de Loft Story, qui ignorent ce qui se passe à l’extérieur… Jusqu’à ce que Kelly, une jeune assistante de production de l’émission, trouve refuge dans le loft pour échapper au massacre qui à lieu dans les coulisses…
C’est quoi et par qui ?
Dead Set est donc une mini série d’horreur en 5 parties : 1 pilote de 45 minutes, et 4 épisodes de 25 minutes. L’ensemble fut diffusé la même semaine sur la chaîne anglaise E4, à raison d’un épisode par jour. 2h25 en tout c’est court et bien sur on en veut plus, mais dans le genre c’est plutôt intense.
E4 est un complément payant par abonnement de Channel Four, et la chaîne diffuse principalement des séries américaines, anglaises (Skins y est en exclusivité), ainsi que des rediffusions ou des directs du fameux Big Brother.
Dead Set a été écrite et produite par un certain Charlie Brooker, née en 71 à Reading. Journaliste et scénariste TV de son état, le monsieur n’est pas n’importe qui, puisqu’en plus d’être journaliste et caricaturiste, il est déjà créateur d’une série sur les médias (Nathan Barley – paraît que c’est très bien), animateur d’une émission sur les dessous de la télé, et est également à l’origine d’un reportage sur The Wire.
En y rajoutant cet extraordinaire Dead Set, autant dire que le monsieur à toute notre sympathie…
C’est (très) gore, mais c’est (très) bon
Les fans de films de zombies (et les autres) vont se régaler car Dead Set pousse le gore zombiesque à un point anthologique : niveau hémoglobine, carnage de chair humaine et moments de bravoure, il y a largement de quoi faire. Les scènes d’actions sont donc nombreuses, et toujours très nerveuses, avec des zombies rapides et un choix de mise en scène proche de la série des 28 jours / semaines / et bientôt mois plus tard.
La série est aussi largement bourrée de références, qui sont au final autant de codes du genre, et cache bien sur un discours moral dont nous reparlerons plus bas.
L’idée d’utiliser le cadre d’une émission comme Big Brother pour vivre l’invasion de zombies est brillante, et amène son lot de personnages et d’instants comiques parfaitement intégrés dans l’ambiance globale. Ceci permet de relativiser l’horreur ambiante, et d’éviter par la même occasion un premier degré qui aurait tout plombé (après tout on parle de zombies, rien de sérieux là dedans).
Pour la petite histoire, quelques scènes ont été tournées pendant la véritable émission, certains décors sont réels et ont été réutilisés ici. D’anciens participants de Big Brother font des caméos et même la présentatrice Devina McCall y incarne son propre rôle, vous devinerez qu’elle termine en zombie plutôt sexy.
Un peu à la Zombie (Dawn of the Dead) de Roméro, des survivants sont regroupés dans un lieu fermé et cerné par des hordes de morts vivants toujours plus nombreux. Le groupe organise alors sa survie pendant que sa cohésion interne est mise à rude épreuve au fil des événements et des nouveaux venus.

Dans l’ensemble les personnages sont ici plutôt sympathiques, et l’auteur semble jouer sur le décalage entre ce qu’ils renvoient en tant que participants stéréotypés de ce genre d’émissions, et ce qu’ils sont lorsque les caméras sont éteintes et qu’ils évoluent dans un environnement réel.
Mention spéciale à Kelly (incarnée par Jaime Winstone), petit bout de bonne femme charmante, punkette sur les bords, survivante dans l’âme et natural born charismatique leader.
Le personnage d’Ariq, son petit ami perdu en campagne et qui fait tout pour la rejoindre, est à son image simple et valeureux. Il nous permet de prendre du recul par rapport à ce qui se passe au studio, et donc d’avoir un aperçu de l’état du monde extérieur, dans lequel aucun espoir de survie n’est à l’horizon…
Si Zombie cachait une critique de la société de consommation (les zombies reviennent par réflexe hanter un supermarché), Dead Set est plus proche des thématiques de Diary of the Dead du même Roméro, qui s’interrogeait sur le pouvoir de l’image et la déréalisation des événements que l’on vit à travers un filtre numérique.
Ainsi Dead Set se fout gentiment des émissions de télé réalité, de ses coulisses où tout se fabrique, des participants égocentriques manipulés, mais aussi des spectateurs : ces zombies qui s’agglutinent et veulent s’approprier (= manger) ces pseudos célébrités dont ils suivent la vie à travers la lucarne.
Mais bon on ne va pas non plus s’enflammer hein, tout le monde sait bien que les zombies vont toujours là où ils sentent la chair fraîche…
Quelques liens :
- Ma présentation de Jaime Winstone, qui joue Kelly dans dead Set
- Voir le trailer de Dead Set
- Si vous avez aimé Dead Set, je vous conseille également Survivors
Hello,
Le trailer n’est plus visible à cette adresse
Yes, merci
En effet, il me semble que la chaine E4 a demandé à ce que certains contenus ne soient plus intégrables dans d’autres sites. Du coup j’ai remis un petit lien.
En tout cas n’hésites pas à me dire ce que tu as pensé de la série quand tu l’auras vu mais perso je me suis bien marré.